S'associer, pour quoi faire ?

Le rôle du médecin généraliste se complexifie, tandis que les malades chroniques et polypathologiques se multiplient dans sa salle d'attente. Il devient un expert « accompagnateur de processus » : il guide le patient dans l'éventail des possibilités thérapeutiques et les méandres du système de soins. Contraintes budgétaires obligent, on attend de lui qualité et efficience, en le priant d'user rationnellement des deniers publics. Ces évolutions ont pour toile de fond le vieillissement de la profession, sa féminisation et la volonté, chez la relève, de préserver sa vie de famille.

En bref, le défi du MG est donc de poursuivre le développement de la spécificité de son métier dans un contexte de moyens et d'effectifs toujours moindres.

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La collaboration apparaît comme l'un des moyens de relever ce défi
. On note en tous cas depuis quelques années une progression de l'exercice de groupe. En Flandre, par exemple, entre 1984 et 2002, on est passé de 90 à 75 % de pratiques solo. Il y a dix ans, donc, un quart des confrères flamands exerçaient en pratique collective, dont 17 % en binôme. Des derniers chiffres INAMI, livrés en juin 2011, il ressort qu'à l'échelle du pays, 3.500 MG agréés sont enregistrés comme membres d'un « regroupement en médecine générale », ce qui recouvre tant les pratiques de groupe dans un même lieu d'installation que les réseaux. Quelque 1.420 exercent au sein de duos, 1.580 dans des structures à trois ou plus, 170 dans des réseaux en tandem, 440 en réseau = 3.

Pour en savoir plus... :

  
L'association est-elle la panacée? Pas toujours, pas pour tout le monde. Il existe, tant du point de vue du médecin individuel qu'au niveau de la qualité des soins, des attentes sur les apports du travail en équipe, mais également des réticences, car le modèle possède ses revers (ou vécus comme tels). Du côté des évolutions positives escomptées, citons l'enrichissant partage des connaissances et des expériences entre associés, une meilleure organisation qui allège les horaires et la charge de travail, un sentiment de sécurité quant à la continuité des soins par l'accessibilité aux dossiers... Dans la colonne des inconvénients, on peut lister la dépersonnalisation de la relation médecin-patient par multiplicité des prestataires, une perte de liberté et d'autonomie par dépendance à un groupe, éventuellement un problème de qualité de suivi si la coordination entre médecins est défaillante...

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Cela étant, les désavantages et « pièges à conflit »
qui risquent de gâter la belle alchimie des débuts sont identifiables et, pour la plupart, contournables par une réflexion approfondie dès les prémisses du processus de regroupement. Les sources de tensions relèvent de trois grandes catégories : primo l'aspect organisationnel (problèmes pour répartir le temps de travail, choisir des locaux convenant à tous, assurer l'inévitable charge administrative...), secundo l'aspect financier (difficulté de déterminer la bonne formule juridique et fiscale, la clé de répartition financière, le partage équitable des frais...) et tertio l'aspect relationnel. Sans surprise, ce dernier est tributaire de la bonne ou mauvaise entente organisationnelle et financière. Cependant, il peut aussi tenir à une différence d'âge, ou à des conceptions divergentes du métier.

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Il n'y a pas de « modèle type » de collaboration qui s'applique, sans retouche, à toutes les situations. Au contraire, les formules potentielles sont multiples.
Schématiquement, on peut classer les formes de collaboration et d'association qui existent en fonction

de leur nature : il y a des associations monodisciplinaires (regroupant exclusivement des généralistes) et multidisciplinaires (incluant d'autres intervenants de première ligne)

du nombre de MG présents et actifs (binômes, trios, etc.)

et du nombre de bâtiments abritant l'activité (site unique et commun versus sites séparés oeuvrant en réseau)

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En outre, chaque exercice collectif sera caractérisé par un degré variable d'intensité de la collaboration, qui se marque e.a. dans la dépendance mutuelle consentie par les médecins. Certaines pratiques de groupe se résument à des cabinets individuels logés sous le même toit, tandis que d'autres ont réellement développé des stratégies et philosophies communes.

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POUR CEUX QUI VEULENT SE DOCUMENTER

Nous avons rassemblé pour vous une série de textes de référence offrant une vision large de la profession de médecin généraliste et des évolutions qui y sont à l'œuvre - et pas seulement en Belgique -, de même que des articles de presse sur le sujet des regroupements de médecins.

Y sont joints également les textes des exposés donnés en 2010 dans le cadre du cycle de soirées de formation SSMG « Pratique de groupe » et les URL de quelques sites web utiles.

 

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