Promo Santé & Médecine Générale - par thématique

 

Proposer les vaccinations au patient adulte en médecine générale

 

En pratique
vaccinVaccin contre la diphtérie et le tétanos

Contrôle de l'existence d'une primovaccination adéquate (3 doses), un rappel tous les 10 ans et rattrapages éventuels en cas de discontinuités ou de retards.

Vaccin contre la grippe

Une vaccination annuelle aux personnes qui font partie d'un groupe à risque (malades chroniques, femmes enceintes dès le 2ème trimestre de la grossesse, cohabitants de personnes à risque ou d'enfants de moins de 6 mois), à toute personne à partir de 65 ans et au personnel de santé en contact avec des personnes à risque.

Vaccin contre le pneumocoque

L’avis n° 9210 (2014) du CSS rappelle que la vaccination contre le pneumocoque concerne trois groupes distincts d’adultes :

  1. Les adultes présentant un risque accru d’infection pneumococcique
    • Adultes présentant un trouble immunitaire[i] ;
    • Adultes présentant une asplénie anatomique et/ou fonctionnelle, une drépanocytose ou une hémoglobinopathie ;
    • Adultes présentant une fuite du liquide céphalo-rachidien ou porteur d’un implant cochléaire.
  2. Les adultes présentant une comorbidité
    • souffrance cardiaque chronique ;
    • souffrance pulmonaire chronique ou fumeurs ;
    • souffrance hépatique chronique ou abus d’alcool ;
    • souffrance rénale chronique.
  3. Les personnes en bonne santé de 65 ans et plus

 
Le schéma vaccinal préconisé est fonction de l’appartenance du patient à l’un de ces 3 groupes :

  1. Les adultes de 19 à 85 ans présentant un risque accru d’infection pneumococcique
    • Primovaccination PCV13 suivi de PPV23 après 8 semaines minimum
    • Revaccination PPV23 tous les 5 ans

    • Personnes ayant été vaccinées par le passé au moyen du PPV23 : vaccination unique au moyen du PCV13 au moins 1 an après le dernier vaccin PPV23
    • Revaccination PPV23 tous les 5 ans

    • Recommandations complémentaires : voir fiche CSS n° 8757 « Recommandations vaccinales pour la prévention des infections à S. pneumoniae chez les enfants présentant un risque accru de maladies invasives à pneumocoque (MIP) prévention des infections à S. pneumoniae chez les enfants présentant un risque accru »
  2. Les adultes de 50 à 85 ans présentant une comorbidité et les personnes en bonne santé de 65 à 85 ans
    • Primovaccination PCV13 suivi de PPV23 après 8 semaines minimum
    • Personnes ayant été vaccinées par le passé au moyen du PPV23 : vaccination unique au moyen du PCV13 seulement au moins 1 an après le dernier vaccin PPV23
    • Rappel : à évaluer en fonction des données complémentaires et de l'épidémiologie après 5 ans.
  3. Les adultes de plus de 85 ans
    • Les données sont peu nombreuses actuellement au sujet de l'effet de la vaccination antipneumococcique au-delà de 85 ans. Sur une base individuelle, prenant en compte le risque d'une infection pneumococcique et l'estimation de la réponse immunitaire au vaccin, le médecin traitant peut vacciner une personne de plus de 85 ans selon le schéma proposé sous 2).

[i] La liste de ces personnes peut être consultée en pages 23-25 de l’avis n° 8561 du CSS « Vaccination d’enfants et d’adultes immunodéficients et malades chroniques »
 
 

Vaccin contre la coqueluche

Dans son dernier avis (2013), le Conseil supérieur de la santé recommande, pour tous les adultes, l’administration d’une dose de dTpa, quels que soient les antécédents d’une vaccination anticoquelucheuse (complète ou incomplète) et certainement pour tous ceux qui entrent en contact avec des nourrissons selon le principe de la vaccination cocoon (p. ex. futurs ou jeunes parents, grands-parents et leurs contacts familiaux proches ainsi que le personnel soignant des services de pédiatrie, maternité et dans les milieux d’accueil de la petite enfance et les nourrices de petits enfants). Au-delà d’une dose unique de rappel, aucune vaccination de rappel au moyen du vaccin dTpa ne sera recommandée (excepté en cas de grossesse) tant qu’on ne disposera pas de plus amples données concernant l’utilité d’un rappel anticoquelucheux tous les 10 ans.

Dans ce même avis, le Conseil supérieur de la santé recommande une dose de vaccination dTpa pour chaque femme enceinte, quels que soient ses antécédents de vaccination, à chaque grossesse, entre les semaines 24 et 32 de grossesse, même si la femme a reçu précédemment une vaccination de rappel. Si la vaccination n’est pas administrée durant la grossesse, elle doit l’être le plus rapidement possible en post-partum comme faisant partie de la stratégie cocoon. Si la femme enceinte a été vaccinée durant la grossesse ou que cette vaccination est prévue immédiatement après l’accouchement, la vaccination cocoon reste certainement recommandée pour le partenaire et les autres adolescents et adultes entrant en contact avec le nourrisson. Cette vaccination cocoon est réalisée de préférence quelques semaines avant l’accouchement.

D'autres vaccins sont conseillés en cas d'exposition particulière, ou pour certaines professions, ou en cas de contacts avec des enfants: vaccins contre la rougeole, la rubéole, les oreillons, la poliomyélite ou les hépatites A et B. D'autres vaccins spécifiques peuvent être indiqués en cas de voyage (poliomyélite, fièvre jaune, typhoïde, méningo-encéphalite à tiques [FSME], etc.). 

 

 L'enjeu du dialogue avec le patient adulte pour proposer les vaccinations

Le médecin généraliste bénéficie de la confiance de ses patients pour proposer, au cours d'une consultation, les vaccins recommandés chez l'adulte. La recommandation d'un professionnel de santé demeure un élément déterminant dans l'acceptation de la vaccination1.

Dans la plupart des cas, la proposition du médecin sera bien reçue mais certains patients plus réticents auront besoin d'aide pour s'orienter vers la vaccination, tout en respectant leurs choix personnels. Ces personnes plus réticentes à se faire vacciner peuvent aussi être mal informées. Certaines catégories de personnes pensent par exemple que « les médicaments sont des drogues », consultent peu le médecin généraliste et recourent plus volontiers à l'homéopathie ou à l'acupuncture.

L'enjeu est double, individuel et collectif. D'un côté, pour éviter les transmissions (ex : la diphtérie), l'atteinte et le maintien d'un bon taux de couverture vaccinale sur l'ensemble de la population assure la protection collective. De l'autre, la démarche d'une personne pour se protéger elle-même d'une maladie non contagieuse d'homme à homme (ex : le tétanos) est d'ordre personnel. Bien souvent, les deux enjeux coexistent, dans le cas de la rougeole par exemple et aussi, très concrètement lorsque des vaccins sont associés, comme ceux contre la diphtérie et le tétanos !

Dans tous les cas, il s'agit d'abord d'ouvrir le dialogue et d'aider le patient à faire le point dans une démarche centrée sur le patient ; c'est en prenant en compte ses réserves et en l'amenant à s'exprimer, à réfléchir, qu'il sera possible de construire une réponse. Si le patient se montre indécis ou peu concerné par un projet vaccinal, le médecin peut le sensibiliser en lui proposant une information objective et complémentaire à l'exploration de ses connaissances actuelles.

C'est en partant de la parole du patient qu'il sera possible de renforcer ses motivations et de construire avec lui un projet de prise en charge vaccinale.

Des exemples – avantages, inconvénients – de ce que pourrait savoir un patient, de ses réticences  et préoccupations ont été rassemblés ; il est intéressant pour le médecin de les consulter. Le médecin peut partir de ce que le patient exprime pour lui donner ensuite des informations objectives, des explications.

Ces pages proposent également une synthèse des avantages et inconvénients d'un point de vue scientifique et du point de vue du médecin, de proposer des vaccinations au patient adulte en consultation.

Par ailleurs, la cellule spécifique "Vaccination" de la SSMG a sélectionné pour vous différents articles, brochures et autres liens utiles.

 

Programme vaccination de la Fédération-Wallonie-Bruxelles

Références vaccinations sur le web
 

Ces pages ont été rédigées en collaboration avec Provac et Question Santé.
________________ 

1 Voir par exemple et parmi beaucoup d'autres : Le médecin du Québec, volume 39, numéro 10, octobre 2004  http://www.fmoq.org/fr/mdq/archives/00/2004/numero.aspx?num=10

 

(mise à jour : 1/09/2017)


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